Voitures chinoises : les données de réparation restent difficiles d’accès

Les marques chinoises ne donnent pas toutes aux réparateurs multimarques les mêmes moyens d’intervenir sur leurs véhicules.
Réalisée avec Aitec et Infopro Digital Automotive Italia, l’enquête se penche sur les portails techniques de huit constructeurs et groupes chinois présents sur le marché transalpin (BYD, Leapmotor, Lynk & Co, MG-SAIC Motor, Omoda & Jaecoo, Geely, DR Automobiles et Dongfeng).
Tesla complète le panel à titre de comparaison. Le rapport recense les informations disponibles, les modalités d’inscription et les coûts, tout en distinguant la documentation des fonctions de diagnostic.
Des ouvertures très différentes
L’étude écarte d’abord l’idée de marques totalement fermées aux indépendants. MG, Leapmotor, Lynk & Co et Geely disposent de portails donnant accès à la documentation et à des services de diagnostic. Chez Leapmotor, la distribution européenne assurée par Stellantis facilite le parcours : les identifiants des portails FCA ou PSA peuvent servir à l’inscription.
Lynk & Co se distingue également par une offre destinée aux éditeurs de données et à d’autres professionnels ayant besoin d’informations en volume. Geely propose, pour sa part, des instructions détaillées pour guider la navigation.
En revanche, Adira n’a identifié aucun portail technique pour les indépendants chez Dongfeng et DR Automobiles au moment de l’enquête. Le second est un groupe italien commercialisant des véhicules de fabrication chinoise sous ses propres marques.
Entre ces situations, Omoda & Jaecoo propose un accès partiel. Les manuels sont consultables en anglais, mais l’Adira a rencontré des difficultés pour obtenir des identifiants définitifs. La présence d’un site ne garantit donc pas, à elle seule, un accès simple et opérationnel.
Le diagnostic fait la différence
Le principal point de friction concerne les opérations électroniques avancées. Chez Omoda & Jaecoo, l’étude relève l’absence de pass-thru permettant notamment la programmation et la mise à jour des calculateurs depuis le portail constructeur.
Chez BYD, la documentation était disponible, ainsi qu’une procédure d’achat de l’équipement de diagnostic officiel. En revanche, l’association professionnelle n’a pas pu utiliser une interface aftermarket pour accéder au pass-thru.
Pour se justifier, selon l’Adira, le constructeur invoquait alors la cybersécurité et s’était engagé à ouvrir cette possibilité avant la fin du premier semestre 2026.
Un accès qui se paie
Même lorsque l’accès existe, son coût peut peser sur l’intervention. Pour la documentation technique, les tarifs relevés en juin allaient ainsi de 21 euros HT par jour chez MG à 30 euros chez BYD, 35 euros chez Leapmotor, 50 euros chez Geely et 100 euros chez Omoda & Jaecoo. Précisons que ces montants correspondent aux offres examinées dans l’étude et peuvent variés selon le pays et la date de souscription.
Le logiciel de diagnostic peut faire l’objet d’une facturation distincte. Chez Leapmotor, l’enquête recensait un accès annuel à la documentation de 1 750 euros HT, auquel s’ajoutait une licence de diagnostic de 600 euros HT. Chez MG, les services pass-thru étaient également tarifés séparément.
Particularité pour Tesla : sa documentation de réparation est accessible gratuitement, tandis que son logiciel de diagnostic reste payant.
Pour l’Adira, ces coûts sont encore trop élevés et trop disparates. Le règlement européen 2018/858 prévoit pourtant un accès non discriminatoire aux informations de réparation et d’entretien, avec des frais raisonnables et proportionnés.
Pour les indépendants, l’enjeu dépasse donc la disponibilité des données : encore faut-il pouvoir les exploiter à un coût compatible avec la rentabilité de l’intervention.

